JOUR 97 - Sophia, La fille en or, Vanna Vinci

JOUR 97 - Sophia, La fille en or, Vanna Vinci

En vacances au bord de la mer, Sophia se dispute et se sépare avec son petit ami. Que partageaient-ils vraiment, au fond ? Autrice de bande-dessinée, Sophia décide de partir faire le point et travailler à Bologne, où un ami de la famille peut lui prêter sa maison. Sauf qu’en parallèle de son travail et de nouvelles rencontres, Sophia a une quête. L’alchimie. Comme tous les alchimistes, elle cherche à obtenir l’elixir de longue vie ; celui qui guérit tous les maux et rend immortel.

C’est un des scénarii les plus inattendus que j’ai lus récemment. Et, en fait, j’adore. Le ton est un mélange d’autofiction - la vie très quotidienne d’une jeune femme, de ses relations - et de fantastique. La manière de raconter l’histoire me fait un peu penser à un manga : l’héroïne et sa quête en plusieurs tomes où les univers se mélangent ; les étapes et épreuves à passer pour pouvoir avancer. On s’installe dans le rythme de l’histoire, de son histoire à elle : au milieu de doutes et certitudes caractéristiques de ces périodes de la vie où l’on est sorti.es de ses rails, elle avance d’une manière mi-anecdotique, mi-aventureuse. Sa quête d’artefacts alchimiques la conduit à des rencontres nouvelles, de personnages secondaires dont la folie douce ou furieuse est capturée avec bonheur par le pinceau expressif de Nancy Pena. J’aime son trait, un peu nonchalant, à la fois ancré dans le réel et en même temps légèrement décalé. Les expressions et attitudes de Sophia me convainquent, la rendent vivante et attachante - on la découvre page après page comme personne indépendante et unique, avec ses bizarreries, sa folie peut-être douce, ses décisions peut-être bonnes… 

J’aime vraiment beaucoup suivre ce récit sans avoir aucune idée de là où il va m’emmener. Intriguée, j’ai envie de connaître la suite de l’aventure de cette héroïne qui en empruntant une « voie » alchimique se cherche peut-être surtout elle-même. Mystérieux, inclassable, ce premier tome (d’un diptyque) me donne totalement envie d’en lire plus de cette autrice.

G.C.

Sophia, La fille en or, Vanna Vinci. Traduit de l’italien par Claudia Migliaccio. Dargaud, 2008.

Vanna Vinci est née à Cagliari le 30 avril 1964. Elle débute dans le monde de la B.D. en 1989, publiant ses premières histoires dans « Nova Express ». En 1999, elle remporte le Prix Yellow Kid comme meilleure artiste, et en 2001, le volume L’Âge sauvage a remporté le Prix Romics comme meilleure oeuvre européenne.

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