JOUR 79 - La Fin d’où nous partons, Megan Hunter

JOUR 79 - La Fin d’où nous partons, Megan Hunter

Résumé :« Une femme s’apprête à accoucher au moment où Londres et menacée par une inquiétante et mystérieuse montée des eaux. Elle et R, son mari, doivent fuir avec leur nouveau-né, qu’ils ont baptisé Z. R et la narratrice sont rapidement séparés. Cette dernière prend la mer avec Z et O, une autre femme poursuivant son chemin seule avec son tout jeune enfant. »

Megan Hunter peint les premiers moments de la maternité…

« La nouvelle passion de Z, à laquelle il s’adonne aussi fidèlement que quiconque s’st jamais adonné à quelque chose, c’est de poser ses bras sur les chaises et de hisser son être tout entier debout. 


La première fois qu’il le fait, je l’acclame, mes poings levés en l’air, poussant une ri maternel si haut perché que j’ai du mal à l’entendre. »

… et interroge, en oblique, la catastrophe écologique et ce que signifie la migration massive de population.

« Voici le pauvre récit de là-bas, aux équipements si basiques que nous rions de la chance que nous avions sans le savoir. Ce sera peut-être ainsi que ça se passera, dorénavant. Tous les mois, une nouvelle conscience du passé, combien il était bon comparé au présent.

Que dois-je dire ? Il fait terne-froid. C’est devenu une seule et même chose, le froid et l’ennui s’infiltrant dans tout, invisibles et partout. »

Court roman où la brièveté sobre des chapitres le dispute à l’emphase de l’histoire ; l’intime au dystopique ; la tristesse à la tendresse ; et où de chaque phrase ressort la poésie d’un moment capturé par des mots légers et nouveaux. C’est le roman d’une poétesse et cela se sent. On essaye de lire du bout des yeux pour laisser les mots soigneusement pliés dévoiler lentement ce qu’ils renferment ; comme ce passage du rêve-origami que je trouve magnifique :  

« Dès qu’ils en ont l’occasion mes rêves se déploient dans le petit espace qui leur est alloué. Ils sont origami, ils sont des hôtels-capsules japonais. Ils entrent tous dedans. »

G.C. 

La fin d’où nous partons, Megan Hunter. Traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet. Gallimard, 2018

Megan Hunter est née à Manchester en 1984 et vit aujourd’hui à Cambridge. Elle a étudié la littérature anglaise à l’Université du Sussex et à Cambridge. Elle est l’auteur de nombreux poèmes remarqués? La fin d’où nous partons est son premier roman.

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