Jour 35 - Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

Jour 35 - Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

«- Tu ne payes pas de mine comme ça, fille. Tu te caches derrière tes cheveux, derrière tes lunettes, derrière tes murmures. De toute la portée de ta mère, tu es celle qui n'a jamais versé une larme, jamais braillé, et pourtant je peux te jurer que tu es bien celle qui a collectionné le plus de bêtises. »

Un premier roman très remarqué qui a conquis de nombreux.ses lectrices et lecteurs dans un public jeunesse et jeunes adultes. Premier tome d’une saga fantastique qui en compte quatre et dont je peux parler des deux premiers. 

Les premières phrases m’avaient totalement conquise : « On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où es objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère. » 

Les chapitres suivants m’avaient un peu refroidie : il faut dire que l’histoire démarre sur la décision crispante d’un mariage arrangé pour l’héroïne. 

« Je te connais comme si je t'avais faite. Tu es plus arrangeante qu'une commode, à jamais sortir un mot plus haut que l'autre, à jamais faire de caprices, mais dès qu'on te parle de mari, tu es pire qu'une enclume ! Et pourtant, c'est de ton âge, que le bonhomme te plaise ou non. »

En matière de féminisme, je me sentais loin du compte (ou du conte). J’ai persévéré, et heureusement les problématiques évoluent et se complexifient sans tomber dans la facile romance sous contrainte qui m’inquiétait. Dans le premier tome, j’ai ressenti des influences assez prégnantes - elles viennent notamment des des Royaumes du nord, de Harry Potter ou encore des films de Hayao Miyazaki. Mais déjà là, leur combinaison et leur utilisation me séduisait : l’autrice en tirait des éléments très spécifiques, le trait de caractère d’un personnage ou son rôle dans l’histoire, une saveur particulière d’un décor… 

« Les verres cassés commençaient déjà à cicatriser, mais il leur faudrait plusieurs heures avant guérison complète. Ophélie les posé sur son nez. Un objet se réparait plus vite s'il se sentait utile, c'était une question de psychologie. »

Et petit à petit, notamment avec le deuxième tome, l’univers - à mon sens - s’en détache pour prendre toute sa singularité. À mesure que l’on avance, de très beaux personnages émergent, qui sont bien ceux de Christelle Dabos et de personne d’autre. 

« - Tous des incompétents notoires ! s’emporta Gaëlle. Ça vous épingle de faux soleils dans de faux ciels et c’est incapable de vous réparer une chaudière. » 

L’histoire gagne en ampleur et profondeur, et l’univers fourmille de trouvailles réjouissantes. Des secrets sont révélés et des actions dignes de l’épopée doivent être accomplies. Ça donne très envie de lire la suite. 

« - J'observe mon existence sous un angle différent, déclara-t-il gravement.

- Voyez-vous cela ! Et qu'en déduisez-vous ?

- Qu'à l'endroit ou à l'envers, elle est absolument vide de sens. »

La Passe-miroir - Tome 1 Les Fiances de l’hiver, Christelle Dabos. Gallimard jeunesse, 2013. 

Christelle Dabos, née en 1980, est une auteure française de fantasy. Elle suit une formation de bibliothécaire avant de se consacrer à l'écriture. Depuis 2005, elle vit et travaille en Belgique. En 2013, elle est lauréate du prix du premier roman jeunesse Gallimard pour le premier tome de La Passe-miroir.

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