JOUR 339 - La meilleure des vies, J.K. Rowling

JOUR 339 - La meilleure des vies, J.K. Rowling

« Nous n’avons pas besoin de magie pour transformer notre monde ; nous portons déjà en nous tout le pouvoir dont nous avons besoin : nous avons le pouvoir d’imaginer mieux. »

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Un petit texte pour se faire plaisir avant Noël. Lu en dix minutes, il met un boost au moral pour plusieurs jours (dans mon cas !). C’est la transcription du discours que J.K. Rowling a tenu aux étudiants de Harvard le 5 juin 2008. L’édition illustrée est très jolie et agréable en format Poche - elle fait petit porte-bonheur qui tient dans la poche. 

J.K. Rowling transmet une vision de l’humanité qui met l’accent sur la connaissance de soi qu’on puise dans l’adversité ; et la puissance de l’imagination, qui nous donne accès à d’autres expériences humaines que celles que l’on a vécues. Elle me parle, cette vision de l’humanité. 

Avec une pointe d’humour et quelques références au monde de la magie, et le partage de son expérience depuis ses vingt ans, elle séduit l’âme des sorcier.ère.s que nous sommes.

Son discours porte sur deux expériences humaines : les bienfaits de l’échec ; et la puissance vitale de l’imagination.

Pas de bisounourserie quant à l’échec. Elle parle d’expérience et quand ses échecs l’ont menée à la pauvreté, elle sait que cela n’a rien de romantique « sinon aux yeux des imbéciles » : hontes quotidiennes, misère, dépression. Sept ans après ses études, « sans emploi, mère célibataire et aussi pauvre qu’on peut l’être aujourd’hui en Grande-Bretagne sans être SDF », J.K. Rowling était alors « la plus formidable ratée (qu’elle ait) jamais connue. » Et c’est à ce moment là, dépouillée de toute autre prétention, qu’elle s’est consacrée au seul projet qui lui tenait vraiment à coeur. On connaît la suite. La valeur de l’échec, dit J.K. Rowling, tient à ce qu’il nous dépouille de ce qui est inessentiel. Ce n’est que dans l’adversité que nous découvrons qui nous sommes, nos valeurs, notre capacité à survivre, et la solidité des liens humains que l’on a tissés.

Quant à l’imagination, il s’agit bien sûr du pouvoir de la fiction ; mais plus encore de sa capacité à nous faire prendre la place d’un autre - à être empathiques. Comme la magie, dit-elle, ce pouvoir est moralement neutre : on peut s’en servir pour manipuler et acquérir du pouvoir, ou pour chercher la compassion et le service d’autrui.

«  Si vous choisissez d’utiliser votre statut et votre influence pour parler au nom de tous ceux qui n’ont pas la parole ; si vous choisissez de ne pas vous ranger seulement aux côtés de ceux qui détiennent le pouvoir mais aussi de ceux qui n’en ont aucun ; si vous conservez la capacité de vous transporter par l’imagination dans la vie de tous ceux qui n’ont pas les mêmes avantages que vous, alors votre existence sera la fierté non seulement de votre famille mais des milliers et des milliers de gens dont vous aurez changé la vie. »

Moi je dis, à lire et partager. Ça sonne juste, humain, ça fait se sentir un peu moins moldus et beaucoup plus sorcier.ère.s.

G.C.

La meilleure des vies, J.K. Rowling. Traduit de l’anglais par Pierre Demarty. Éditions Grasset & Fasquelle, 2017, pour la traduction française. 2015 pour la V.O. Illustrations originales de Joel Holland.

J.K. Rowling est l’autrice des romans Harry Potter, dont les romans se sont vendus à plus de 450 millions d’exemplaires, ont été traduits en 80 langues et adaptés au cinéma en huit films à succès. Elle est également la fondatrice et présidente de l’association caritative Lumos.

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