JOUR 327 - L’art de la niaque, Angela Duckworth

JOUR 327 - L’art de la niaque, Angela Duckworth

Alors. On vient de me rappeler obligeamment que « Niaque », pour les auditeurs de France Inter, ça évoquait surtout cette chronique de Guillaume Maurice sur les entrepreneurs qui ont la niaque. Comme d’habitude, ce n’est pas triste - entre les intervenants qui ont une « super niaque » et ceux à la « mi-niaque », je me sens mal barrée à devoir utiliser ce mot toutes les deux lignes de cette chronique sans rire. On va quand même essayer de prendre le concept au sérieux deux minutes… :D Si si !

Après la chronique de Guillaume Meurice, on peut donc aussi écouter le TEDTalk d’Angela Duckworth. Psychologue, elle a passé dix ans a étudié ce concept de « grit » en anglais, traduit par « niaque » en français.

Y a-t-il un dénominateur commun de ceux qui connaissent la plus grande réussite dans leur secteur ? (que celui-ci soit artistique, sportif, scientifique, politique…) Pourquoi certains vont au bout de tout ce qu’ils entreprennent, tandis que d’autres renoncent à la première difficulté ? 

D’après cet essai, le facteur principal, c’est le « degré de niaque » de la personne. Et la niaque, telle que la décrit Angela Duckworth, est une combinaison de deux éléments : la passion et la persévérance. 

« Ceux qui réussissent font preuve d’une détermination farouche. Doués d’une résilience hors du commun, ces bûcheurs savent ce qu’ils veulent. Déterminés, ils ne perdent pas de vue le chemin à suivre. »

La niaque, c’est ce qui fait qu’entre deux nouvelles recrues militaires de haut niveau, qui ont les mêmes aptitudes physiques et résultats scolaires, l’une déclare forfait au bout de deux semaines d’entraînement intensif alors que l’autre va au bout du programme.

Le talent compte, mais deux fois moins que les efforts qu’on fournit pour le développer en compétences solides, puis en réalisations. Angela Duckworth met l’accent sur les différentes facettes de cette persévérance passionnée comme facteur clé de leur épanouissement. D’après ses recherches, les gens présentant un plus haut degré de niaque, non seulement réussissent mieux leurs études et carrière, mais sont aussi plus satisfaits de leur travail, et plus optimistes.

L’idée générale ne surprend pas outre-mesure ; mais passée au crible de la recherche de l’autrice, on s’intéresse à creuser la question avec elle : qu’est-ce qui nous rend pugnace ? Comment développer cette ténacité passionnée, en tant qu’individu ou en tant que groupe ? Quels en sont les effets à court et moyen terme ?

Au passage, on revisite plusieurs mythes / préjugés. Par exemple, celui selon lequel une passion, c’est une évidence qui nous tombe dessus du jour au lendemain (comme une vocation).

Celui du bon vieux dicton, « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (en fait… ça dépend si on a eu la possibilité d’agir pour écourter sa souffrance ou pas ; dans le 1er cas, on augmente son niveau de niaque, dans le 2ème cas, on développe plutôt un sentiment d’impuissance acquis). 

Ou encore le raccourci qui veut que plus on pratique une activité, plus on s’améliore - c’est vrai, uniquement dans la mesure où on applique des techniques d’apprentissages adaptées, mais ce n’est pas mécanique. Etc.

Dense tout en restant facile d’accès, c’est un essai nourri de références à des études en psychologie, sociologie et neuroscience (tout est sourcé) ; mais aussi de témoignages et biographies de célébrités et d’anecdotes personnelles de l’autrice à la mode self-help. On perd parfois en lisibilité dans l’abondance des exemples de toute nature.

On sent l’autrice convaincue de l’intérêt de développer la pugnacité chez tous bien sûr ; elle garde quand même un sens de la nuance, multipliant les exemples, questions, et ajoutant une mise en garde quand une hypothèse nécessiterait des recherches supplémentaires. Réflexions et conseils pratiques en font un bon compagnon de route en période d'interrogations professionnelles.

G.C.

L’art de la niaque, Angela Duckworth. Traduit de l’anglais par Marie Boudewyn. JC Lattès 2017.

Angela Lee Duckworth, née en 1970, est une chercheuse et psychologue américaine Elle est professeure à l’Université de Pennsylvanie, où elle étudie la niaque et la maîtrise de soi. Son premier livre, L’art de la niaque, paru en 2016, est resté sur la liste des meilleures ventes du New York Times vingt semaines.

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