JOUR 301 - Moomin et la comète, Tove Jansson

JOUR 301 - Moomin et la comète, Tove Jansson

C’est mon premier Moomin ! Si, comme moi, vous ignioriez ce phénomène de littérature jeunesse finlandaise (et internationale), bienvenue dans la séance de rattrapage. Si vous êtes un fan de toujours, merci par avance de votre indulgence :D 

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Des trolls-hippopotames albinos vivent en société. On trouve maman Moomin, papa Moomin, leur fils, son amoureuse Mlle Snork ; ainsi les personnages-créatures  qui les environnent : le poilu Stinky, la longue Mme Fillyjonk, l’exaspérant grignotte… Rien que les noms font sourire.

En strips de trois cases, ils vivent des aventures extraordinaires. À travers leurs comportements se dessine une parodie de la société. Chacun a ses travers, ses faiblesses et ses petits ou gros défauts qui sont accentués selon ce qu’ils vivent. Mais ils s’aiment et se soutiennent ; ce qui les sauve. Je me suis demandé s’ils n’avaient pas un petit côté Hobbits, en fait ; sauf qu’ils vivent plus d’aventures qu’un Hobbit normalement constitué ne saurait en supporter. Et qu’ils n’ont pas les pieds poilus.  

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J’ai mis un peu de temps à rentrer dedans. Le format du strip m’a déroutée : j’ai grandi avec l’école strips de Garfield ou du Chat, systématiquement construits autour d’un gag destiné à faire rire. Ici, il y a parfois une chute, mais c’est surtout une ambiance qui se dessine. Ce qu’elle capture en trois cases, c’est une situation drôle, absurde, anecdotique et révélatrice à la fois d’un caractère.

Mon histoire préférée est sans conteste « Moomin fait de la voile ». Parce qu’elle s’ouvre sur un joli jeu narratif : les Moomins s’inquiètent de ne pas savoir comment démarrer l’histoire… Et ils regardent soudain les lecteurs à travers leur case, inquiets. Ils sont attendus, ils sont en retard, et pas d’aventure à l’horizon ! Alors il faut bien la provoquer…

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Ce qui m’a séduit de plus en plus à mesure que j’avançais dans les aventures, c’est le graphisme. Il a l’air simple, tout léger ; mais il est tout le temps juste. La ligne claire qui dessine les Moomins et rend chaque case très lisible laisse toute sa place à l’expressivité de leurs postures et de leurs yeux mobiles. Et les petits détails prennent tout leur charme. Pour les barres verticales séparant deux cases, plutôt qu’un simple trait droit, Tove Jansson dessine ainsi un élément issu de l’histoire : un tronc d’arbre, une flèche, une pipe allongée, un parapluie… Mi-décoratif, mi-narratif. Cela participe en tout cas à faire de chaque strip une petite unité enluminée, précieuse, délicate.

G.C.

Moomin et la comète, Tove Jansson. Traduit de l’anglais par Emmanuele Lavoix. Éditions Le petit Lézard, 2008. Publication originale : 1945.

Tove Marika Jansson, née le 9 août 1914 à Helsinki et morte le 27 juin 2001, est une écrivaine, peintre, illustratrice et dessinatrice de bande dessinée finlandaise. Elle est notamment connue pour avoir créé les Moumines. En 1966, pour sa contribution en tant qu'auteure de livres pour enfants, elle reçoit le Prix Hans-Christian-Andersen.

En 1933, alors qu'elle n'avait que 19 ans, sortit son premier livre sous le pseudonyme de Vera Haij : Sara och Pelle och näckens bläckfiskar (Sara et Pelle et le calamar des eaux du lutin). Elle poursuivit des études d'art de 1930 à 1938 à Stockholm, Helsinki et ensuite à Paris en France. Sa première exposition monographique eut lieu en 1943. Jansson est connue pour son œuvre Les Moumines qui sont des livres illustrés pour enfants. Son premier livre des Moumines, Moomin et la grande inondation, publié en 1945 fut suivi par un second en 1946, Une comète au pays de Moumine (aussi intitulé La comète arrive !), qui lui apporta un succès immédiat. Elle écrivit également six romans et cinq livres d'histoires courtes, dont sa semi-autobiographie Bildhuggarens dotter (La fille du sculpteur) (1968).

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