JOUR 254 - 8 autobiographies de femmes aux vies hors-normes

JOUR 254 - 8 autobiographies de femmes aux vies hors-normes

Lire une autobiographie c’est un peu faire la connaissance d’une personne. Pour les femmes qu’on a souvent relégué aux seconds rôles, sinon pire, au cours de l’histoire, oser prendre la plume pour raconter leur propre histoire est en soi un acte subversif. Assumer que leur vie s’ancre dans une universalité ; affirmer que les événements qui tissent leur légende sont importants à raconter ; raconter le monde de leur point de vue, qui souvent demeure invisible ou sous-représenté ; ces démarches rendent ces textes particulièrement précieux pour moi. Connaître chacune de ces personnes me fait grandir, m’enrichit de possibles, déconstruit les barrières réelles ou mentales que la vie nous présente. Chacune de leur vie me dit : c’est possible. Voici huit de ces récits de vie qui m’ont marquée ; autant par la portée de leur histoire que celle de leur style.

La politique : Une Vie, Simone Veil

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« Dans les mois et les années qui suivirent (la légalisation de l’IVG), je m’accoutumai à entendre les hommes croisés ici ou là me dire : « Ma femme a tellement d’admiration pour vous. » Le sens du propos ne m’échappait pas : ma femme vous admire, mais pas moi. En réalité, les hommes ne se sont jamais intéressés à cette loi. Comme souvent, Jacques Chirac avait parfaitement traduit leur opinion : l’avortement demeurait une « affaire de bonnes femmes ».»

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La philosophe : La force de l’âge, Simone de Beauvoir

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« A dix-neuf ans, malgré mes ignorances et mon incompétence, j'avais sincèrement voulu écrire ; je me sentais en exil et mon unique recours contre la solitude, c'était de me manifester. »

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La chanteuse : Lady Sings the Blues, Billie Holiday

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« Papa et maman étaient môme à leur mariage : lui dix-huit ans, elle seize ; moi, j’en avais trois. Maman travaillait comme bonne chez des Blancs. Quand ils se sont aperçus qu’elle était enceinte, ils l’ont foutue à la prote. Les parents de papa, eux, ont failli avoir une attaque en l’apprenant. C’étaient des gens comme il faut qui n’avaient jamais entendu parler de choses pareilles dans leur quartier à Baltimore. Mais les deux mômes étaient pauvres, et quand on est pauvre, on pousse vite. »

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L’écrivaine : La Mécanique des fluides, Lidia Yuknavitch

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« Vous voyez, c'est important de comprendre à quel point les gens esquintés ne savent pas toujours dire oui, ou sauter sur l'occasion de leur vie, même si elle est là, sous leur yeux. C'est de la honte qu'on porte. La honte de vouloir quelque chose de bien. La honte de ressentir quelque chose de bien. La honte de ne pas croire qu'on mérite d'être dans la même pièce au même titre que tous ceux qu'on admire. Un A rouge géant sur la poitrine.  (…) L'aspiration reste coincée chez certains. C'est difficile de penser Oui. Vers le haut. Quand ce qu'on ressent n'est que le combat ou fuite. »

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La peintre : Le Journal de Frida Kahlo

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« Ce n’est ni de l’amour, ni de la tendresse, ni de l’affection, c’est la vie entière, la mienne, que j’ai trouvée lorsque je l’ai vue dans tes mains sur ta bouche et sur ta poitrine. J’ai dans la bouche la saveur d’amande de tes lèvres. Nos mondes ne se sont jamais extériorisés. Seule une montagne connaît les entrailles d’une autre montagne. Par moments, ta présence flotte comme si elle enveloppait tout mon être dans l’attente anxieuse du lendemain. Je note que je suis avec toi. En cet instant encore plein de sensations, mes mains s’enfoncent dans des oranges, et mon corps sent que tes bras l’entourent. »

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L’artiste entre deux mondes : Passagère du silence, Fabienne Verdier

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Noëlle Hoeppe, © AD Paris, septembre 2001

« J’avais vingt ans. J’ai quitté ma famille, mes amis… Après une crise de conscience violente, j’ai tout abandonné sans me retourner […] Je me suis mise en chemin – c’était une question de survie – , en quête d’une initiation véritable qui m’ouvrirait les portes d’une réalité autre. »

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La marcheuse : Sauvage par nature, Sarah Marquis

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« L'histoire qui suit est mon histoire. Je la dédie à toutes les femmes de par le monde qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l'ont obtenue mais qui ne l'utilisent pas. Mettez vos chaussures. On part marcher. »

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L’aventurière : Le Tour du monde en 72 jours, Nellie Bly

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« - Vous n'y arriverez jamais! Vous êtes une femme, vous aurez besoin d'un protecteur, et même si vous voyagiez seule, il vous faudrait emporter tant de bagages que cela vous ralentirait. En plus, vous parlez uniquement l'anglais. Rien ne sert d'en débattre : seul un homme peut relever ce défi.

- Fort bien! Alors je partirai en même temps que lui pour le compte d'un autre journal et soyez sûr que je le battrai.

-  Vous en seriez fort capable. »

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Et vous, quels destins de femmes vous ont marqué.e ? :)

G.C.

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