JOUR 234 - Tremblez mais osez ! Susan Jeffers

JOUR 234 - Tremblez mais osez ! Susan Jeffers

Best-seller américain parmi les livres de self-help et de psychologie, il décortique de manière simple comment la peur se manifeste à chaque moment de notre vie.

Peur d’une circonstance, comme un déménagement, un décès, une conférence, un appel téléphonique ; de la vieillesse, de la maladie, etc. Ou peur d’un sentiment : exclusion, impuissance, rejet… Quel que soit l’objet de notre peur, tout revient au même noyau dur : l’idée que « je ne pourrai pas faire face ». Pour Susan Jeffers, derrière toute peur se cache cette peur là : celle de ne pas pouvoir affronter.

Que faire à partir de ce constat ? Soit se laisser convaincre et paralyser par cette peur ; soit agir quand même. Fondamentalement, nous n’éradiquerons pas la peur. C’est une bataille qu’il est inutile de mener - autant d’énergie gaspillée en moins.

Et pourquoi voudrait-on affronter ses peurs ? Pourquoi ne pas rester dans sa zone de confort, au fait ? Parce que « surmonter son appréhension à agir engendre moins d’angoisse que de vivre constamment avec la peur souterrain créée par un sentiment d’impuissance et d’insatisfaction. »

Quant au comment faire… Susan Jeffers s’appuie sur des éléments de psychologie pour proposer des solutions aux situations bloquées par la peur de notre existence. Cela démarre par prendre ses responsabilités (ce qui est très différent de s’accabler de reproches !) ; la pratique de la pensée positive ; l’analyse des obstacles sur le chemin du changement, notamment ceux liés au regard des autres… 



Parmi les outils concrets, j’aime la façon d’envisager une décision. Le modèle répandu de prise de décisions est le « modèle perdant » dans lequel on envisage tout choix peut-être soit un « bon » soit un « mauvais » choix : « Vous êtes angoissé devant le choix à faire. Vous pensez aux conséquences en termes d’irréversibilité : à la vie, à la mort ! Bref, vous restez pétrifié (…) Ces deux petits mots, « Et si », reviennent toujours. (…) En croyant envisager des éventualités, vous ne vous rendez pas compte que vous dressez des plans ur al comète et que vous jouez aux devinettes. (…) Une fois la décision prise, le « modèle perdant »  vous contraint à reconsidérer sans cesse les choses. Vous espérez ne pas avoir commis d’erreur, mais vous en êtes presque persuadé.»

À l’inverse, le « modèle gagnant » consiste à envisager les avantages de toutes les options : il n’y a que des « bonnes » alternatives.

« elles vous conduisent toutes deux vers une situation gagnante. Quels sont ces « avantages » me demanderez-vous ? Il s’agit pêle-mêle de pouvoir envisager les choses sous un autre angle, d’apprendre et d’évoluer, des découvrir qui on est, qui on veut être, ou ce qu’on attend de la vie. Les chemins A et B sont jalonnés d’avantages, quelle que soit l’issue. »

Somme toute, la première approche met l’accent sur la fatalité des choses, la deuxième sur l’aventure et l’expérience que sont la vie. Au fond de tout, on revient au noyau dur évoqué au début : « Savoir assumer. Voilà un axiome que vous devriez écrire en lettres d’or : reconnaître que vous êtes capable de tout assumer est la clé qui vous ouvre la possibilité d’oser prendre des risques. (…) Lorsque vous pouvez remplacer tous vos « Et si… » par autant de « Je vais m’en sortir », vous serez capable de tout affronter avec la certitude de réussir. La peur disparaîtra. »

En bonus, l’après-prise de décision inclut la possibilité constante, voire la nécessité, de rectifier le tir. Comme dans un avion où le pilotage automatique a pour rôle de maintenir l’avion à moins de 900 mètres de la piste d’atterrissage cinq minutes maximum avant l’heure d’arrivée prévue. « Chaque fois que l’avion dévie, le système corrige. » En gros, l’avion est en situation d’erreur 90% du temps ; le seul moment où il se retrouve sur la bonne route est sur la piste d’atterrissage.

Nos émotions, état mentaux, souffrances morales, sont autant d’indicateurs d’un tir à corriger. 

« De nombreux signaux vous avertiront qu’il est temps de rectifier le tir. Les plus évidents sont la confusion et l’insatisfaction. (…) C’est difficile à admettre, je sais, mais une contrariété est toujours bénéfique : elle vous apprend que vous faites fausse route et vous pousse à revenir dans le « droit chemin ». Confusion et insatisfaction signifient que vous vous êtes écarté de votre route. (…) Si vous prêtes une oreille attentive aux signaux vous indiquant de changer de trajectoire, vous arriverez toujours à bon port - ou vous toucherez au moins votre objectif de très près. »

Chacun des chapitres se conclut avec des exercices pratiques. Comme pour tout livre de développement personnel ou psychologie, je pense qu’il est toujours facile de pense qu’il s’agit de lectures inutiles… surtout tant qu’on n’applique pas littéralement les conseils qu’ils donnent. C’est là la faiblesse et la force de ce type d’ouvrages : in fine, ils donnent des éléments pour convaincre, persuader, toucher, motiver le.la lecteur.trice à agir ; et le laissent dans le siège du.de la conducteur.trice de sa vie, avec ses circonstances spécifiques, lourdeurs propres, capacités d’actions plus ou moins étendues.

Même si elle reste une nourriture rapide à digérer, c’est une lecture que je recommande pour qui cherche à faire le point et évoluer. Elle ne fera pas tout, mais elle peut apporter sa pierre au changement.

G.C.

Tremblez mais osez ! Susan Jeffers. Traduit de l’anglais par Denis Montagnon. Editions Poche Marabout, 2001. VO : 1987.

Susan Jeffers, née en 1938 et décédée en 1972, était une psychologue américaine. Parmi ses nombreux ouvrages, Tremblez mais osez, traduit dans le monde entier, lui a valu une renommée internationale.Elle est aussi l'auteur de La Vie à bras-le-corps et de Osez briser la glace, parus chez Marabout.

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