Jour 2 - L’Embellie, Auður Ava Ólafsdóttir

Jour 2 - L’Embellie, Auður Ava Ólafsdóttir

Auður Ava Ólafsdóttir, autrice islandaise dont le roman le plus célèbre est Rosa Candida (2007, publié en France et lauréat du prix des Libraires en 2010). Moins connu, son livre précédent, L’Embellie (2004, traduit en français en 2012) a été une parfaite lecture de décembre. 

L’autrice a l’art de nimber d’une aura de magie et de drôlerie des histoires tout à fait ancrées dans le réel. En l’espace de deux jours, la narratrice voit son mari la quitter brusquement pour une autre, et sa meilleure amie lui confier son fils sourd de quatre ans. 

« Dès qu’il s’est endormi, je sors dégager le balcon de la bouillasse et de la glace pour que mon logis provisoire ne soit pas inondé. Dans la maison d’en face, une femme armée d’une pelle à poussière fait le même travail ; il semble y avoir à chaque étage une femme qui ne dort pas et qui lutte contre les éléments dans sa maison imbibée d’eau. » p.127

Au passage, et sans plus de formalités, elle apprend qu’elle a gagné un chalet à la loterie. Son travail de traductrice ne l’obligeant pas à rester en un lieu précis, elle décide de partir sur la route avec son petit passager pour prendre des vacances dans ce nouvel habitat, à l’autre bout de l’Islande.  

Embarquez dans un road-trip où les péripéties de la vie, les traumatismes originels, et les rencontres presque picaresques sont traitées avec un détachement et une légèreté qui donnent un sentiment de liberté. Ce n’est pas que ce ne soit pas grave ou sérieux - c’est que l’héroïne a une politesse exquise, celle d’agir. Le temps, le mouvement et les rencontres font leur oeuvre de transformation - celle des protagonistes comme celle du lecteur. Ce dernier est comme assis sur le siège passager de cette voiture douillette qui traverse l’hiver islandais, méditant et grignotant une barre chocolatée.

« Du fait que je suis une petite fille, je peux comprendre les autres êtres vivants et me mettre à la place de n’importe lequel, je peux m’adapter et me fondre das mon environnement immédiat, je ne suis pas distincte du monde et il ne l’est pas de moi. Le temps n’est pas entré en moi et les distances ne sont que des rides à la surface de l’eau, c’est pourquoi je peux émettre le même cri que le canard. » p.98

L’Embellie, Auður Ava Ólafsdóttir. Editions Zulma et Livre de Poche

G.C.

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