JOUR 143 - Letter to my Daughter, Maya Angelou

JOUR 143 - Letter to my Daughter, Maya Angelou

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(j’ai lu le texte dans sa version originale : les citations ci-dessous sont des traductions personnelles)

Premier livre que je lisais de Maya Angelou, il m’a attirée par la promesse contenue dans son titre : celle d’un partage d’expériences accumulées au fil d’une vie. 


Le format du livre en fait une lecture très abordable : il s’agit de très courts chapitres qui racontent chacun une anecdote. Celles-ci narrent des « urgences inattendues, quelques poèmes, des histoires légères pour vous faire rire et d’autres pour vous faire méditer. » Promesse tenue, c’est ce que l’on découvrira dans ce livre.

Avant le premier chapitre, Maya Angelou signe une « Lettre à sa fille », la fille qu’elle n’a jamais eue puisqu’elle est mère d’un fils unique. Aussi s’adresse-t-elle à sa lectrice en ces termes : « J’ai donné naissance à un enfant, un fils, mais j’ai des milliers de filles. Vous êtes Noires et Blanches, Juives et Musulmanes, Asiatiques, hispanophones, Indiennes d’Amériques et Aléoutes. Vous êtes grosses et minces et belles et banales, homo et hétéros, éduquées et illettrées, et je vos parles à toutes. Voici mon cadeau. »

Dans cette lettre initiale, qui tient en moins de dix paragraphes, elle donne ses conseils de vie. De ceux qui sonnent de la voix de la sagesse, et qu’on sait qu’on n’aura jamais trop d’une vie pour réussir à maîtriser… Comme elle le reconnaîtra d’ailleurs dans certaines histoires racontées par la suite, avec un sens du recul et de l’auto-dérision qui fait du bien :  

« J’ai fait de nombreuses erreurs et il ne fait aucun doute que j’en ferai de nouvelles avant de mourir. Quand j’ai vu de la douleur, quand j’ai compris que ma maladresse avait causé du mécontentement, j’ai appris à accepter ma responsabilité et à me pardonner d’abord, avant de présenter mes excuses auprès de ceux qui auraient été blessés par mon manque de jugeote. (…) 

« Ne te plains pas. Fais tous les efforts pour changer les choses que tu n’aimes pas. Si tu ne peux pas provoquer un changement, change la manière que tu as eu de penser. Tu pourrais découvrir une nouvelle solution. »

Des histoires les plus difficiles aux plus légères, la promesse de la lettre est tenue : c’est un partage d’expériences parfois dures et souvent drôles, et de leçons tirées, racontées sans chichi. Elle y évoque les violences conjugales, l’amour maternel, la culture du viol, l’attitude à avoir dans une culture étrangère, ses pires moments d’embarras / de solitude et les leçons qu’elle a tirées, ses amitiés inattendues et ses admirations… Avec équilibre, recul et autodérision, elle partage sa vision de l’existence et de la sagesse que l’on peut y insuffler. Par leur aspect unique, improbable, ces histoires ont vraiment cette saveur de l’anecdote racontée à table lors d’un dîner en bonne compagnie.

Il n’y a plus qu’à vivre de son mieux et essayer d’être à la hauteur de cette recommandation à la fois angoissante et belle qu’elle adresse à sa lectrice  : 

« Assure-toi de ne pas mourir sans avoir fait quelque chose de merveilleux pour l’humanité. » 

G.C.

Letter to My Daughter, Maya Angelou, 2012

Paru en français aux éditions Notabilia. Traduit de l’anglais par Anne-Emmanuelle Robicquet. 2016

Maya Angelou, de son vrai nom Marguerite Johnson, née le 4 avril 1928 à Saint-Louis (Missouri) et décédée le 28 mai 2014 (à 86 ans) dans sa maison de Winston-Salem (Caroline du Nord), est une poétesse, écrivaine, actrice et militante américaine. Figure importante du mouvement américain pour les droits civiques, elle est devenue une figure emblématique de la vie artistique et politique aux États-Unis où ses livres sont au programme des écoles.

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