JOUR 133 - La Mare au diable, George Sand

JOUR 133 - La Mare au diable, George Sand

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« Celui qui puise de nobles jouissances dans le sentiment de la poésie est un vrai poète, n'eût-il pas fait un vers dans toute sa vie. »

Un roman qui m’a fait penser à un conte, mi-enluminé mi-tracé à traits simples et francs. L’avant-propos représente un véritable art poétique dans lequel George Sand décrit son intention : 

« Nous croyons que la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour, que le roman d’aujourd’hui devrait remplacer la parabole et l’apologue des temps naïfs, et que l’artiste a une tâche plus large et plus poétique que celle de proposer quelque mesures de prudence et de conciliation pour atténuer l’effroi qu’inspirent ses peintures. »

On y rentre très facilement, on savoure certaines phrases à la poésie merveilleuse ; 

« La lune se dégagea aussi des vapeurs qui la couvraient et commença à semer des diamants sur la mousse humide. »

L’histoire est racontée du point de vue d’un narrateur qui observe la campagne de son regard cultivé, urbain et contemplatif :

«Quand je l’eus regardé labourer assez longtemps, je me demandai pourquoi son histoire ne serait pas écrite, quoique ce fût une histoire aussi simple, aussi droite et aussi peu ornée que le sillon qu’il traçait avec sa charrue.

L’année prochaine, ce sillon sera comblé et couvert par un sillon nouveau. Ainsi s’imprime et disparaît la trace de la plupart des hommes dans le champ de l’humanité. »

Les discussions sur le mariage, les raisons qui le rendent nécessaires, les manières de le nouer et les critères pour qu’il réussisse évoquent à elles seules toute une vision d’une société traditionnelle. On y sent l’attention sincère que George Sand a consacré à son sujet, la connaissance qu’elle en avait, l’amour qu’elle portait à des mentalités, des paysages et des folklores qu’elle sentait déjà à son époque disparaître. Et ce regard d’écrivain, qui ne juge pas, qui observe et qui aime, qui mêle l’observation au fantastique, aide à s’immerger, comprendre, et surtout plonger dans la poésie.

G.C.

La Mare au diable, George Sand. 1846. Folio classique, 1999.

George Sand, pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste française, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les écrivainsles plus prolifiques, avec plus de 70 romans à son actif et 50 volumes d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.

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