JOUR 119 - Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant. Christel Petitcollin

JOUR 119 - Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant. Christel Petitcollin

« - Mes proches me disent que je suis compliqué.e et que je me pose trop de questions

- Dans ma tête, ça ne s’arrête jamais. Parfois je voudrais débrancher mon esprit et ne plus penser à rien. (…)

- J’ai l’impression de venir d’une autre planète. »

Alors, la première chose à dire de ce livre est que son titre relève du génie marketing. C’est le livre le plus facile à pitcher du monde. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’écouter quelqu’un parler et d’avoir le dialogue suivant :

«- Hum. Je comprends ce que tu ressens. Tu connais le livre « Je pense trop ? »

- Ah non mais ça m’intéresse ! C’est exactement ça. »

Voilà, ça résume beaucoup : si vous vous reconnaissez dans cette petite phrase, je suis quasiment sûre que vous tirerez des bénéfices de la lecture.

« Ça va trop vite dans leur tête. Ils en bégayent pour suivre le flot ou ils se taisent, découragés devant la surabondance d’informations. (…) Ce qui leur manque le plus, ce sont des certitudes sur lesquelles s’appuyer. Un questionnement incessant rend leur système de croyance aussi instable et angoissant que des sables mouvants. Et c’est à leur propos qu’ils sont le plus critiques : « Pourquoi les autres ne perçoivent-ils pas ce qui est évident pour moi ? Si c’était moi qui analysais tout de travers ? Et si j’avais tout faux ? »

Christel Petitcollin décortique de nombreuses caractéristiques et « symptômes » de la personne « qui pense trop ». Elle les qualifie selon l’expression de « surefficient mental », disant que ce terme reste « le plus sobre et le plus approprié. Il me paraît faire un bon compromis, Tout en restant partiellement insatisfaisant (…) »

Quelles sont les caractéristiques de ces personnes qui « pensent trop » ? La première, d’après Christel Petitpollin, est un système sensoriel et émotionnel hypersensible. 

« Tout est en trop : trop de pensées, trop de questions, trop d’émotions… et en superlatifs voire en hyperlatifs : hyperréactif, hypersensible, hyperaffectif… Les surefficients mentaux vivent les événement de leur vie avec une intensité hors norme. Ce qui les touche, en positif comme en négatif, semble les faire résonner comme du cristal. » Le terme derrière ça : « l’hyperesthésie » qui désigne le fait d’avoir les cinq sens ôtés d’une acuité exceptionnelle. « C’est aussi un état d’éveil, de vigilance voire d’alerte permanente. (….) Bien que souvent gênés par le bruit, la lumière ou les odeurs, les hyperesthésies ne réalisent pas que leurs perceptions sensorielles sont hors norme. (…) Ceux qui connaissent leur hyperesthésie ont tendance à ne la vivre que de façon négative et se reprochent leur intolérance quand l’overdose de la stimulation sensorielle les pousse à bout. »

La perception d’une grande quantité et d’une finesse de stimuli sensoriels est une chance pour avoir des informations sur son environnement ; le problème vient de l’effort requis pour trier parmi toutes ces données sonores, visuelles, olfactives ou autres. 

« Cette hiérarchisation manuelle est difficile. Elle demande un effort conscient. D’une manière générale, dans leur vie quotidienne, les sur efficients mentaux ont du mal à faire des choix et à décider de ce qui est important et de de ce qui ne l’est pas. C’est déjà le cas au niveau de cette sélection sensorielle. Au bout du compte, il est aussi fatigant d’essayer de zapper les stimuli non pertinents que de les subir. »

Cas typique, soirée au restaurant : « Depuis le début de la soirée, Nelly trouve la musique d’ambiance du restaurant trop forte. Elle entend également le brouhaha du restaurant, les conversations des tables voisines, qu’elle ne peut pas ne pas écouter, les bruits de couverts, le va-et-vient des serveurs qui lui donne le tournis, les odeurs de nourriture, le mouvement des consommateurs qui arrivent et repartent, les lumières trop vives. Rester concentrée sur la conversation et s’intéresser aux convives de sa tablée lui demande un effort considérable. »

À partir de ce point de départ, Christel Petitcollin aborde les questions de l’hypersensibilité - qui rend particulièrement réactif et demeure mal vue socialement, « les gens sensibles, émotifs et affectifs sont encore trop souvent considérés comme des gens fragiles, immatures et pulsionnels donc forcément naïfs, stupides et irréfléchis ».

Hypersensibilité, hyperempathie, syndrome de Cassandre, pensée en arborescence, faux self, sont quelques unes des thématiques que l’autrice aborde dans les trois grandes parties que comporte l’ouvrage. Alternant descriptions de caractéristiques et témoignages de clients qu’elle a suivis, elle dresse un panorama de la personne en situation de “penser trop” et des voies à emprunter pour se faciliter la vie. Un livre facile d’accès, clair, qui fera certainement se sentir un peu plus compris à des personnes en situation de bouillonnement mental.

G.C.

Je pense trop - comment canaliser ce mental envahissant, Christel Petitcollin. Guy Tredaniel, 2010.

Christel Petitcollin est conseil et formatrice en communication, psychothérapeute et conférencière.

Formée à la PNL, à l’analyse Transactionnelle et à l’Hypnose éricksonnienne, elle reçoit en consultations, anime des conférences-débats et des stages de communication, organise des actions de réinsertions pour des publics en voie d’exclusion et écrit la rubrique “psycho” du magazine “Actives”.

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