JOUR 104 - Hyperbole, Allie Brosh

JOUR 104 - Hyperbole, Allie Brosh

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Aaaah je ne m’attendais pas à ça. En fait, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Ces graphismes tordus, barrés, simplistes fous, je les avais déjà croisés sur le Web mais je n’avais pas plongé dans l’univers d’Allie Brosh.

Oh que je suis contente de l’avoir fait avec le livre d’Hyperbole ! C’est délicieusement déglingué. Ça fait dans l’autobiographie décapée au sens de l’absurde et de l’auto-dérision. Elle fait un moment de lecture de pur délire à partir de sujets délicats voire de drames psychologiques. (genre les pages sur sa dépression. Qui me donnent mine de rien le sentiment, pour moi qui n’ai pas lu grand chose non plus sur le sujet, d’être quelques unes des pages qui me font le plus toucher du doigt non seulement les effets internes de la dépression mais aussi à mieux cerner les attitudes exaspérantes qu’il ne faudrait pas avoir face à une personne dépressive…) 

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Elle m’a fait mourir de rire avec ses anecdotes et dessins sur ses chiens, les deux créatures les plus désespérantes de la planète ; ou encore avec la lettre qu’elle s’était écrite quand elle avait dix ans et la réponse qu’elle se fait. 

Les dessins sont, en fait, parfaits. Les personnages à tête ovoïdes et aux yeux de grenouille et les chiens éberlués répondent parfaitement aux textes pince-sans-rire et ciselés. 

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En sortant de cette lecture, on est dans un sentiment bizarre. D’une part, je me sens très reconnaissante envers cet être humain de pratiquer sur lui-même une telle auto-analyse. Ça fait du bien de lire que d’autres gens sont dysfonctionnels, embarrassés, inquiets jusqu’au ridicule, avec des mécanismes de défense et d’adaptation aussi absurdes qu’indéboulonnables (et j’en passe). Je lui suis reconnaissante aussi des fous rires. D’un autre côté, j’en ressors vaguement inquiète à la fois pour l’autrice, qui n’a pas l’air tous les jours très bien dans son assiette, et aussi de m’être identifiée à au moins certaines de ses histoires… C’est grave docteur ? 

Hyperbole, Allie Brosh. Traduit de l’anglais par Carole Delporte. Editions des Arènes, 2014.

Allie Brosh vit comme une recluse dans sa chambre, à Bend, dans l’Oregon. En 2009, elle s’est dit : Tiens j’ai une bonne idée ! Au lieu de devenir une scientifique, je vais écrire et faire des dessins sur Internet !! Pour un nombre incalculable de raisons, c’était en fait une idée épouvantable, mais sa décision ne procédait pas exactement d’un raisonnement logique. Tout est parti de là. 
Il se trouve que le blog d’Allie Brosh, Hyperbole, a reçu de nombreux prix et que, en 2013, la presse a distingué Allie Brosh comme l’une des cinquante figures créatives les plus influentes du monde.

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