JOUR 365 - 20 livres chouchous de l’année 2018

JOUR 365 - 20 livres chouchous de l’année 2018

En cette fin d’année de lecture intensive, c’est la question qu’on m’a le plus posée je crois : quels sont tes livres chouchous ?

J’ai aimé chaque lecture chroniquée sur ce blog : c’est le principe ! Donc c’est évidemment une question compliquée… Parce que chaque lecture répond à des envies très différentes. Comprendre le monde ou rêver ; découvrir, explorer, rire, ou sentir la beauté à fleur de mots.

Mais, en me posant, j’ai quand même des chouchous. Ce sont ceux qui me laissent une trace un peu plus marquée, un peu plus indélébile. Ils sont atypiques, divers, certains très connus d’autres des pépites à découvrir. À l’image du blog, ils couvrent plusieurs genres : autobiographie, essai, bande-dessinée et SFFF se côtoient. Certains m’ont plu pour ce qu’ils m’apprenaient, la réflexion qu’ils suscitaient, d’autres pour l’histoire, leurs personnages, ou leur amour de la langue… J’aime cet éclectisme qui se fiche du bon goût. Si ça se trouve, si je devais refaire cette liste demain, les titres seraient très différents. Ce n’est pas bien grave !

Cette sélection porte ici uniquement ceux que j’ai lus cette année - c’était déjà assez dur comme ça de faire une sélection… ! Ils sont indiqués sans ordre particulier.

Cliquez sur les titres pour lire la chronique entière.

Lady Sings the Blues, Billie Holiday

Pour vous convaincre de lire cette autobiographie juste magnifique et bouleversante, allez écouter la chronique magnifique de Juliette Arnaud.

Infinités, Vandana Singh

De la SF métaphysique et poétique sous forme de nouvelles qui me font un peu penser à Borgès, sauf que ça se passe en Inde. J’adore.

Victor Hugo vient de mourir, Judith Perrignon

Roman magnifique sur les derniers jours de Victor Hugo… Abordés à la fois par le regard des proches, et sous le spectre politique, les événements qui précèdent et suivent sa mort sont l’occasion d’un bilan dense du XIXème siècle, qui fait écho, par bien des aspects, au nôtre. Judith Perrignon parvient à faire un roman, passionnant et en tension, de ce qui aurait pu tourner à l’essai historique.

17 femmes prix Nobel de science, Marie-Hélène Béral

Le recueil de biographies qui m’a le plus appris et marquée. En lisant les vies des femmes qui ont reçu un Nobel de sciences, on voit toute une évolution de notre rapport aux sciences, mais aussi de la place des femmes dans les milieux scientifiques. Cette année j’ai eu de plusieurs conversations avec des amies littéraires qui ont une pointe de regret pour les sciences ; je trouve que ce livre en apprend beaucoup et donne de vraies héroïnes à méditer.

Moi ce que je préfère c’est les monstres, Emil Ferriss

Une petite fille se prend pour un monstre et détective. De fait, il y a eu un décès mystérieux dans son immeuble : sa belle voisine Anka. Il faut bien que quelqu’un mène l’enquête. Monstruosités visuelles qui en mettent plein la vue, réflexions sur l’art et la vie, narrations imbriquées plongées dans l’Histoire.

Lud-en-Brume, Hope Mirrlees

Le petit dernier, la lecture qui m’a accompagnée en cette fin d’année. J’ai été conquise, à la suite de Neil Gaiman, par ce roman de Fantasy qu’il décrit ainsi « Le roman le plus beau, le plus convaincant, le plus mystérieux et le plus injustement méconnu de la langue anglaise »

La contrainte à l’hétérosexualité, Adrienne Rich

J’ai beaucoup parlé d’Adrienne Rich : ici, sur ce qu’une femme a besoin de savoir ; sur le fait de revendiquer un enseignement digne de ce nom ou encore sur la contrainte à l’hétérosexualité. La lecture de ses livres a été pour moi un déclencheur d’énormément de réflexions sur notre rapport au savoir et à l’Histoire des femmes.

Bombay Baby, Sonia Faleiro

Documentaire-reportage sur le milieu des Dance bars de Bombay. L’autrice suit Priya, une jeune fille qui n’a échappé à la prostitution qu’en fuyant sa bourgade natale à treize ans. Un autre monde.

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ogawa Ito

Une jeune femme rentre du travail pour retrouver son appartement vide. Son petit-ami l’a quittée. Il ne lui reste que la jarre de légumes en saumure de sa grand-mère. Elle entreprend alors un retour aux sources chez sa mère qu’elle n’a pas vu depuis dix ans, et se lance dans une aventure discrète et poétique. Un restaurant très particulier. Jolie lecture émouvante.

Betty Boob, Véro Cazot et Julie Rocheleau

Betty a perdu le même jour : son sein gauche, son job, et son mec. Pour couronner le tout, sa perruque se barre au vent. Et en fait, c’est le début d’une aventure merveilleuse. Rencontres de nouveaux personnages et reconstruction de soi interrogent de manière poétique, drôle et émouvante le rapport au corps. Histoire servie par un superbe dessin qui fait penser à du cinéma d’animation en bande-dessinée.

Glenn Gould une vie à contretemps, Sandrine Revel

Parce que chaque page de cette biographie en bande-dessinée du célèbre pianiste est un hommage à la composition musicale et que je me suis régalée graphiquement.

Les Pleurs, Marceline Desbordes-Valmore

Poétesse française du XIXème siècle, contemporaine de Baudelaire, qui écrit comme personne la passion amoureuse et la nostalgie de l’enfance.

Le Biomimétisme, Janine M.Benyus

Ce pavé est un condensé d’années de recherches. Le credo ? Toutes nos disciplines scientifiques auraient à gagner à s’inspirer de la manière dont la nature fonctionne. Certains passages m’ont larguée ; mais beaucoup de chapitres m’ont donné beaucoup de grain à moudre sur nos aberrations écologiques, dans le monde agricole notamment.

Ne suis-je pas une femme ? bell hooks

Un des textes pionniers de l’afroféminisme américain. Passionnant, il retrace une histoire de l’esclavage du point de vue de la condition des femmes esclaves noires, puis l’évolution de leurs représentations dans l’espace publique américain. Il théorise une préface engagée

Gabacho, Aura Xilonen

Le premier roman le plus impressionnant. Un jeune homme des rues qui parle plus avec ses poings qu’avec sa langue ; jusqu’au jour où il se trouve un job alimentaire dans une librairie et craque pour une jolie jeune fille inconnue. Une verve linguistique et narrative irrésistible.

Rêves de femme, Virginia Woolf

Bonheur littéraire absolu ; chaque phrase fond sur le cerveau comme un coussin sucré. Un texte théorique passionnant sur l’histoire des femmes qui écrivent (ou ne peuvent pas écrire) en introduction ; et des nouvelles délicieuses.

The Art of Asking, Amanda Palmer

Une générosité d’esprit et un humour attachants. La chanteuse de rock américaine Amanda Palmer a construit sa carrière - et sa vie - dans le partage et l’échange. La relation qu’elle a avec sa communauté est quasi-fusionelle. Une histoire de success-story atypique, qui démarre comme statue de rue et aboutit à des concerts de rock sur toute la planète et des albums entièrement financés en crowd-funding.

L’Histoire de mes dents, Valeria Luiselli

En moins de 160 pages, on a un délice de narration et de plaisir de langage. Les références littéraires ou artistiques sont irrévérencieusement détournées, l’oralité du personnage alterne avec les citations structuralistes, la vérité n’a pas de camp et c’est très bien, c’est la vie.

Dentifricetristesse crèmemiroir, Kim Hyesoon

L’expérimentation langagière, la force des images, la collision des univers, la grâce et l’humour. Au fil du recueil s’y ajoute une dimension de violence et de morbidité.

La domination, Anna de Noailles

Une magnifique prose lyrique de la fin du XIXème siècle, mise au service de la dissection du personnage d’Antoine Arnault, qui m’a fait penser à un Dom Juan mâtiné de vicomte de Valmont.

Il y avait aussi ces livres que j’avais déjà lus et qui continuent à faire partie de mes lectures favorites. Passagère du silence de Fabienne Verdier ; L’Apprenti assassin, Robin Hobb ; Coeur cousu, Carole Martinez ; Chez soi, Mona Chollet ; Lean In, Sheryl Sandberg ; Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir ; La Mécanique des fluides, Lidia Yuknavitch ; Prenez soin de vous, Sophie Calle ; Le château de Hurle, Dianna Wyne Jones…

D’autres chouchous en vrac (non exhaustifs !!) : le lyrique Sido de Colette ; l’émouvant No et moi de Delphine de Vigan ; le très beau Ravissement des innocents de Taiye Selasi ; le profond La Personne et le sacré de Simone Weil…

Bon si je m’écoute, je vais juste recopier l’intégralité de la liste des chroniques de l’année. Alors je vais plutôt vous souhaiter un bon réveillon et de belles nouvelles histoires pour 2019 !

G.C.

PODCAST - Samantha Bailly, Partie 1

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JOUR 364 - Lud-en-Brume, Hope Mirrlees

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